Réglementation bac à graisse 2026 : loi AGEC et obligations restaurant

Réponse rapide :

La réglementation bac à graisse en 2026 repose sur trois piliers : la loi AGEC (n° 2020-105 du 10 février 2020), le Code de l'environnement combiné à l'article L.1331-10 du Code de la santé publique, et la norme NF EN 1825. L'absence d'équipement conforme expose le restaurateur à une amende de 1 500 € (contravention 5e classe, article R.1337-7 CSP), à la fermeture administrative par la DDPP et à des astreintes journalières.

Le cadre réglementaire bac à graisse en 2026

Réponse synthèse

En 2026, la réglementation du bac à graisse repose sur trois piliers : la loi AGEC n° 2020-105 du 10 février 2020, le code de l'environnement combiné à l'article L.1331-10 du Code de la santé publique, et la norme NF EN 1825. L'absence d'équipement conforme expose le restaurateur à une amende de 1 500 € (article R1337-7), à la fermeture administrative par la DDPP et à des astreintes journalières.

Hiérarchie des textes

Quatre niveaux structurent l'obligation. Le niveau législatif (loi AGEC, code de l'environnement) fixe le principe : un effluent gras ne doit pas rejoindre le réseau public sans prétraitement. Le niveau réglementaire (décrets, arrêtés ministériels) précise les modalités techniques et les valeurs limites de rejet. Le niveau normatif (NF EN 1825-1 exigences et NF EN 1825-2 dimensionnement) encadre la conception des séparateurs. Le niveau local (règlements d'assainissement communaux et intercommunaux) impose les seuils opposables au restaurateur sur son territoire. Pour une cartographie complète des textes en vigueur, consultez notre synthèse des normes en France.

Loi AGEC (n° 2020-105 du 10 février 2020)

Article 56 : valorisation matière

L'article 56 de la loi AGEC consacre le principe de valorisation matière des biodéchets, dont les graisses alimentaires usagées (GAU). Concrètement, les graisses captées par le bac doivent être collectées par un prestataire agréé, puis orientées vers une filière de méthanisation, de saponification ou de production de biocarburant. Le simple rejet en station d'épuration ou en décharge ordinaire devient illégal pour tout producteur dépassant les seuils de tri définis par voie réglementaire. La traçabilité de la valorisation finale est exigée.

Article 62 : tri à la source

L'article 62 généralise le tri à la source des biodéchets pour tous les producteurs depuis le 1er janvier 2024, sans exception de quantité. Un restaurant qui déverse ses graisses dans l'évier sans bac à graisse contrevient directement à cette obligation. Le bac à graisse devient donc, de fait, un dispositif de tri à la source au sens du code de l'environnement, complémentaire du tri des biodéchets solides (épluchures, restes assiettes).

Calendrier d'application 2024-2026

Le calendrier AGEC s'est déployé en trois marches successives. 1er janvier 2024 : extension du tri à la source à tous les producteurs de biodéchets, suppression du seuil des 5 tonnes annuelles qui exonérait jusque-là la petite restauration. 1er janvier 2025 : renforcement des contrôles par les agents des collectivités gestionnaires du réseau d'assainissement et de la DDPP. 1er janvier 2026 : harmonisation nationale des seuils de tri et obligation de traçabilité documentaire complète, avec conservation des bordereaux de suivi des déchets graisseux pendant trois ans minimum.

Code de l'environnement et code de la santé publique

Article L.1331-10 du Code de la santé publique

L'article L.1331-10 conditionne tout déversement d'eaux usées non domestiques dans le réseau public à une autorisation préalable du maire ou du président de l'EPCI compétent. Une cuisine professionnelle produit, par définition, des eaux non domestiques : charges grasses élevées, températures, détergents alcalins. L'arrêté d'autorisation impose systématiquement un prétraitement adapté ; le bac à graisse en est la traduction technique standard. Sans autorisation valide, le déversement est illégal, indépendamment du dimensionnement réel de l'équipement installé.

Articles L.541-1 et suivants : statut de déchet

Les articles L.541-1 et suivants du code de l'environnement classent les graisses alimentaires usagées comme déchets. Le restaurateur en est le producteur initial et reste responsable jusqu'à leur élimination ou valorisation finale (principe du pollueur-payeur). Concrètement : le bac doit être vidangé par un prestataire titulaire d'un agrément préfectoral, qui remet un bordereau de suivi des déchets (BSD). En cas de contrôle, l'absence de BSD vaut présomption de rejet illégal et inverse la charge de la preuve.

Décrets d'application

Le décret n° 2016-288 (consolidé) précise les modalités du tri à la source des biodéchets. Le décret n° 2021-855 a abaissé les seuils de production déclenchant l'obligation. L'arrêté du 21 décembre 2007 reste la référence pour les valeurs limites de rejet, notamment 100 mg/L de matières grasses dans l'effluent traité en sortie de séparateur. Pour le détail textuel, voir notre page réglementation en vigueur.

Sanctions encourues en 2026

Amendes article R1337-7 (5e classe = 1 500 €)

L'article R1337-7 du Code de la santé publique punit d'une amende prévue pour les contraventions de 5e classe (1 500 €, portée à 3 000 € en cas de récidive) tout déversement d'eaux usées non conforme à l'arrêté d'autorisation. La caractérisation est mécanique : prélèvement par l'agent assermenté en regard de visite, analyse en laboratoire, dépassement des seuils de matières grasses constaté, contravention dressée. Le procès-verbal vaut preuve jusqu'à preuve contraire ; le restaurateur doit donc tenir une documentation d'entretien irréprochable.

Fermeture administrative DDPP

La Direction départementale de la protection des populations (DDPP) peut prononcer une fermeture administrative en cas de risque sanitaire ou de manquement répété. La procédure suit trois étapes : mise en demeure écrite avec délai de mise en conformité (généralement 1 à 3 mois), constat de non-exécution sur place, arrêté préfectoral de fermeture. La fermeture peut être totale ou partielle (suspension des seules activités de cuisson ou de plonge). Pour le déroulé précis d'un contrôle, voir notre dossier contrôle SPANC et assainissement.

Astreintes journalières

En sus de l'amende contraventionnelle, l'autorité compétente peut assortir la mise en demeure d'une astreinte journalière jusqu'à mise en conformité, conformément à l'article L.171-8 du code de l'environnement. Le montant peut atteindre 1 500 € par jour. Cumulée à la fermeture administrative et à la perte de chiffre d'affaires associée, l'astreinte rend toute non-conformité économiquement insoutenable au-delà de quelques semaines, même pour un établissement bien établi.

Ce qui a changé en 2025-2026

Suppression des exemptions pour la petite restauration

Avant 2024, un restaurant produisant moins de 5 tonnes de biodéchets par an échappait à l'obligation de tri à la source. Cette exemption a été intégralement supprimée. En 2025 et 2026, tous les établissements de restauration commerciale (food trucks, sandwicheries, dark kitchens, brasseries de quartier, traiteurs) sont concernés, quel que soit leur volume d'activité. Cette évolution explique mécaniquement la pression de contrôle accrue observée sur les structures de moins de 50 couverts par service.

Nouveaux seuils de tri

Les seuils de tri ont été harmonisés par arrêté en 2025 : tout producteur de plus de 5 kg de graisses par semaine doit disposer d'un dispositif de séparation conforme. Ce seuil correspond, en pratique terrain, à un service de 30 à 40 couverts par jour avec une carte standard. Le bac à graisse devient l'équipement de référence pour répondre à cette obligation, en complément des dispositifs de tri solide.

Renforcement des contrôles

Les contrôles ont été intensifiés sur trois axes opérationnels : contrôles inopinés des collectivités d'assainissement (prélèvements en sortie de bac), contrôles documentaires (bordereaux de vidange, factures de prestataires agréés, carnet d'entretien), contrôles ARS-DDPP coordonnés avec les visites d'hygiène alimentaire. Un restaurant peut désormais voir un contrôle assainissement déclenché par un signalement HACCP, et inversement. La transversalité des services rend la stratégie d'évitement totalement inopérante.

Articulation avec NF EN 1825 et arrêté du 21 décembre 2007

Statut normatif

NF EN 1825 n'est pas une loi : c'est une norme européenne homologuée en France. Son application n'est donc pas automatiquement obligatoire au sens législatif. Cependant, la quasi-totalité des règlements d'assainissement communaux et intercommunaux y renvoient explicitement comme référence technique. Résultat : NF EN 1825 devient opposable au restaurateur via le règlement local. La conformité de calcul de dimensionnement et de fabrication selon NF EN 1825-1 (exigences) et NF EN 1825-2 (dimensionnement) est donc, en pratique courante, exigée lors des contrôles.

Application terrain

L'arrêté du 21 décembre 2007 fixe la limite de 100 mg/L de matières grasses dans le rejet final, valeur reprise dans la majorité des conventions de déversement signées avec les services d'assainissement. Cette valeur conditionne le dimensionnement réel de l'équipement : un bac sous-dimensionné dépasse rapidement le seuil dès le coup de feu, déclenchant la procédure contraventionnelle de l'article R1337-7. La cohérence entre volume utile, fréquence de vidange contractuelle et débit instantané (NS) doit être démontrable à tout moment au contrôleur.

Mise en conformité : checklist textes 2026

Six points couvrent l'essentiel des obligations textuelles. (1) Vérifier la convention de déversement délivrée par le service d'assainissement, conformément à l'article L.1331-10. (2) Installer un bac à graisse conforme NF EN 1825, dimensionné selon le nombre de couverts servis par service. (3) Conserver les bordereaux de suivi de déchets (BSD) des trois dernières années (articles L.541-1 et suivants). (4) Tenir un carnet d'entretien daté (curages, vidanges, contrôles internes). (5) Faire intervenir un prestataire titulaire d'un agrément préfectoral pour chaque vidange. (6) Tracer la valorisation matière des graisses captées en aval (loi AGEC, article 56).

Le tableau suivant récapitule la correspondance volumes / capacité de service utilisée chez Bacgraisse pour le dimensionnement courant des cuisines de petite et moyenne capacité, en cohérence avec NF EN 1825-2 :

Volume utile Couverts/service catalogue Produit
30 L 15-25 couverts/service Bac à graisse sous plonge 30L
40 L 25-40 couverts/service Bac à graisse sous plonge 40L
60 L 40-60 couverts/service Bac à graisse sous plonge 60L
70 L 60-90 couverts/service Bac à graisse sous plonge 70L
100 L 90-140 couverts/service Bac à graisse sous plonge 100L
120 L 140-220 couverts/service Bac à graisse inox à poser 120L
200 L 250-500 couverts/service Bac à graisse inox à poser 200L

Pour aller plus loin sur le calcul du litrage adapté à votre activité, consultez notre guide de dimensionnement par couverts. Le profil restaurateur, avec ses obligations spécifiques (registre HACCP, contrôle d'hygiène, plan de maîtrise sanitaire), est traité en détail dans notre dossier dédié obligations bac à graisse en restaurant ; nous n'en reprenons ici que la dimension purement textuelle pour éviter les redites.

Côté équipement, les modèles cœur de gamme correspondant aux services les plus courants restent le bac sous plonge 60L (459,00 € HT / 550,80 € TTC) pour une brasserie de quartier 40-60 couverts et le bac sous plonge 100L (639,00 € HT / 766,80 € TTC) pour un restaurant 90-140 couverts. Tous les bacs Bacgraisse sont fabriqués en inox 304L alimentaire, conformes NF EN 1825, livrés sous 24-72 h en France métropolitaine, livraison offerte dès 250 € HT, garantie 2 ans à partir de la date de réception. Trustpilot 4,7/5 sur 247 avis, plus de 500 professionnels équipés en France. Pour un dimensionnement personnalisé en regard de votre convention de déversement : 01 84 80 50 34, contact@bacgraisse.com, du lundi au vendredi de 10h à 18h.

Questions fréquentes

Quelle est la principale loi qui encadre le bac à graisse en 2026 ?

La loi AGEC n° 2020-105 du 10 février 2020 est le texte législatif central. Elle impose le tri à la source des biodéchets (article 62) et la valorisation matière des graisses alimentaires usagées (article 56). Elle se combine avec l'article L.1331-10 du Code de la santé publique (autorisation de déversement) et les articles L.541-1 et suivants du code de l'environnement (statut de déchet et responsabilité du producteur).

Quel article du Code de la santé publique impose un prétraitement des eaux grasses ?

L'article L.1331-10 du Code de la santé publique. Il subordonne tout déversement d'eaux usées non domestiques dans le réseau public à une autorisation préalable du maire ou de l'EPCI. Cette autorisation impose systématiquement un prétraitement, dont le bac à graisse est la solution technique standard pour les cuisines professionnelles. Sans cette autorisation, le déversement est illégal.

Combien risque un restaurant sans bac à graisse en 2026 ?

L'article R1337-7 du Code de la santé publique prévoit une amende de 5e classe : 1 500 € pour la première constatation, 3 000 € en cas de récidive. À cela s'ajoutent une astreinte journalière pouvant atteindre 1 500 € par jour (article L.171-8 du code de l'environnement) et une fermeture administrative prononcée par la DDPP en cas de manquement répété ou de risque sanitaire avéré.

Qu'est-ce qui a changé avec la loi AGEC pour la petite restauration ?

Depuis le 1er janvier 2024, le seuil d'exemption de 5 tonnes annuelles de biodéchets a été supprimé. Tous les producteurs sont concernés par le tri à la source, sans plancher. En clair, food trucks, sandwicheries, dark kitchens, brasseries de quartier et traiteurs entrent dans le périmètre, quel que soit leur volume d'activité. C'est l'évolution majeure qui explique le renforcement des contrôles 2025-2026.

La norme NF EN 1825 est-elle juridiquement obligatoire ?

Non au sens strict : une norme n'est pas une loi. Cependant, la quasi-totalité des règlements d'assainissement communaux et intercommunaux y renvoient comme référence technique opposable. Concrètement, NF EN 1825-1 (exigences) et NF EN 1825-2 (dimensionnement) deviennent obligatoires via le règlement local. Un bac non conforme à la norme sera refusé lors du contrôle, même si la loi nationale ne la cite pas nommément.

Qui peut prononcer la fermeture administrative d'un restaurant non conforme ?

La Direction départementale de la protection des populations (DDPP), placée sous l'autorité du préfet. La procédure suit trois étapes : mise en demeure écrite avec délai de mise en conformité de 1 à 3 mois, constat de non-exécution sur site, puis arrêté préfectoral de fermeture totale ou partielle. Le maire peut aussi intervenir pour les questions de salubrité publique relevant de ses pouvoirs de police.

Faut-il conserver les bordereaux de vidange du bac à graisse ?

Oui, pendant trois ans minimum à compter du 1er janvier 2026, en application des articles L.541-1 et suivants du code de l'environnement. Le restaurateur reste responsable du déchet jusqu'à sa valorisation finale. En cas de contrôle, l'absence de bordereau de suivi de déchets (BSD) délivré par un prestataire agréé vaut présomption de rejet illégal et expose à la contravention prévue à l'article R1337-7.

Existe-t-il encore une exemption pour les très petits établissements en 2026 ?

Non. Le seuil historique des 5 tonnes annuelles a été supprimé par la loi AGEC dès le 1er janvier 2024. En 2026, l'obligation de tri à la source et de prétraitement des eaux grasses s'applique à tous les producteurs de plus de 5 kg de graisses par semaine, soit en pratique tout établissement servant à partir de 30-40 couverts par jour. Aucune dérogation n'est prévue pour la restauration nomade ni pour les dark kitchens.

Voir notre FAQ bac à graisse pour questions courantes.

Sources officielles

Cet article référence les sources officielles suivantes. Pour toute question juridique précise, consulter directement les textes en lien :

  1. Loi n° 2020-105 (loi AGEC) — Loi anti-gaspillage pour une économie circulaire — obligations de tri des biodéchets (Légifrance)
  2. Article L.1331-10 CSP — Code de la santé publique — autorisation préalable de déversement des eaux usées non domestiques (Légifrance)
  3. Article R.1337-7 CSP — Code de la santé publique — sanctions en cas de non-conformité du raccordement (Légifrance)
  4. Service-public.fr — Tri des biodéchets — Obligations de tri à la source des biodéchets pour les professionnels (administration française)

Sources mises à jour 2026-05-10. Les liens pointent vers les versions officielles consolidées (Légifrance, AFNOR, ADEME, EUR-Lex).

Points clés à retenir

  • Loi AGEC (2020-105) — impose le tri à la source des biodéchets pour tous les producteurs depuis le 1er janvier 2024, supprime le seuil minimal de 5 t/an antérieur.
  • Article L.1331-10 CSP — autorisation préalable obligatoire de déversement des eaux usées non domestiques au gestionnaire du réseau d'assainissement collectif.
  • Sanctions cumulables — amende R.1337-7 CSP (jusqu'à 1500 €) + sanctions Code de l'environnement (jusqu'à 75 000 €) + arrêté de fermeture administrative DDPP.
  • Contrôles renforcés — SPANC (assainissement non collectif), DDPP (hygiène et fraudes), inspecteurs santé, agents municipaux peuvent contrôler à tout moment ouvré.
  • Recommandation finale — anticiper les contrôles en conservant un registre de vidange daté et signé par le prestataire, plus l'autorisation L.1331-10 originale au format papier.